LES PHASMES

 

Les phasmes sont des insectes mimétiques. Certaines espèces imitent des brindilles, d'autres des écorces, d'autres encore imitent des feuilles. Ce sont souvent des animaux assez spectaculaires.

La plupart des espèces de phasmes sont nocturnes. Ils passent la journée immobiles le long d'une branche, sous une écorce... Il y a bien sûr quelques exceptions comme l'espèce Oreophoetes peruana qui profite de sa toxicité pour évoluer de jour.

On trouve des phasmes dans toutes les zones équatoriales et tropicales : Australie, Amérique du Sud, Amérique centrale, Asie (Inde, Thaïlande, Malaisie...), Afrique... On en trouve également dans des zones plus tempérées comme la France (3 espèces), les Etats-unis ou le Canada.

Certaines espèces ne vivent que sur une île ou dans une zone restreinte ; on dit qu'elles sont endémiques de leur zone. C'est le cas pour plusieurs espèces des Antilles.

 

L'ELEVAGE

 Matériel minimum requis pour débuter

Elevage des espèces plus sensibles

Incubateur

 

Matériel minimum requis :

L'élevage des phasmes est en principe assez simple et demande peu de compétences pour débuter. Le matériel minimum nécessaire est le suivant :

- cage en grillage

- vaporisateur (il ne doit jamais avoir contenu de substance toxique)

- pot à confiture dont le couvercle est percé d'un trou

- sécateur (pour couper les rameaux de plante)

Avec tout cela, il est déjà possible d'élever les espèces les plus faciles comme Carausius morosus ou Medauroidea extradentata. Ce matériel est bien sûr insuffisant pour élever des espèces plus éxigeantes.

Le principe est le suivant : pour conserver les rameaux de plante frais, on perce le couvercle d'un pot à confiture que l'on remplira d'eau. Les tiges sont insérées dans le pot, lui-même placé dans la cage. Les feuilles resteront ainsi fraiches au moins une semaine, à condition qu'elles voient la lumière plusieurs heures par jour (10H minimum). Il faudra les changer dés qu'elles commencent à faner ou que les phasmes ont tout mangé. Ils peuvent supporter quelques jours sans manger, mais il ne faut pas que cela arrive trop souvent. Pour humidifier, il faut vaporiser de l'eau plusieurs fois par semaine sur les feuilles, sur le sol et sur les phasmes eux-même. Il ne faut pas les noyer, mais il faut suffisamment arroser.

 

Elevage des espèces plus sensibles :

Pour les espèces plus fragiles, et plus difficiles à élever, il faudra prévoir une enceinte adaptée à ses besoins. Par exemple, l'élevage de Phyllium giganteum nécessite un terrarium assez humide, légèrement aéré et chauffé. On préparera donc un terrarium en verre ou en verre et bois, ce qui permet de conserver l'humidité mais également de disposer des aérations.

Une espèce peut être facile à élever mais nécessiter quelques conditions. C'est surtout le cas pour l'incubation des oeufs. Aretaon asperrimus est par exemple une espèce facile à élever dans une cage en grillage toute simple, mais l'incubation de ses oeufs doit se faire dans un incubateur humide et si possible chauffé.

Pour certaines espèces, il faudra tenir compte de leur taille avant de les installer. En effet, les espèces géantes comme Phobaeticus serratipes ou Pharnacia sp, et quelques autres, ont besoin d'un terrarium d'une hauteur suffisante. Sachant qu'un Phobaeticus femelle adulte mesure plus de 30 cm avec les pattes, lors de sa dernière mue, il faut compter le double au moins pour obtenir une hauteur minimale de terrarium. C'est à dire, pour cet exemple, il faut un terrarium d'au moins 60 cm de haut pour que la dernière mue s'effectue dans de bonnes conditions. Si lors de sa mue, la femelle touche le sol, elle risque d'abimer sa nouvelle cuticule ou même de se détacher, ce qui la tuerait dans plus de 90% des cas.

 

Incubateur :

La majorité des espèces de phasmes proviennent des zones tropicales. L'incubation des oeufs étant l'un des passages les plus durs de l'élevage, il convient de reproduire au maximum les conditions naturelles. Pour cela, il est d'abord nécessaire de bien connaître les caractéristiques de l'espèce en se renseignant avant de commencer l'élevage. Pour les espèces des forêts tropicales humides, on pourra prévoir une boite couverte de vermiculite (on en trouve en grands sacs en jardinerie) humidifiée. Le couvercle est percé de quelques trous pour aérer. Il est nécessaire de contrôler le taux d'humidité de manière à ce que les oeufs ne soient pas en permance imbibés, ce qui pourrait les faire moisir. Pour chauffer l'incubateur, il y a plusieurs techniques. Soit on le place dans un terrarium chauffé, soit on le met au dessus de la galerie d'éclairage d'un aquarium. L'appareillage d'éclairage chauffe en permanence lorsque l'aquarium est éclairé, et chauffe ainsi l'incubateur. C'est une technique que j'ai longtemps utilisé pour la plupart de mes espèces sauf les Phyllies qui incubent dans leur terrarium chauffé à 26°C.

Pour les espèces d'élevage facile mais nécessitant plus d'humidité pour l'incubation, on pourra prévoir un petit terrarium (par exemple un ancien aquarium d'une contenance de 10 à 50L) couvert de tourbe. Le couvercle est légèrement aéré par une ouverture en grillage très fin, et les oeufs sont déposés sur la tourbe. Il suffira de pulvériser de l'eau régulièrement sur la tourbe et les oeufs.

Pour les espèces de milieu tempéré comme l'espèce française Clonopsis gallica, il faut bien suivre les instructions des fiches d'élevage car l'incubation n'a rien à voir avec celle des espèces tropicales.

Dans tous les cas, il faudra surveiller les éclosions de manière à ne pas laisser les nouveaux-nés mourrir de faim. Si l'incubateur est suffisamment grand, il m'arrive de laisser les jeunes dedans jusqu'au passage de leur première mue. Ainsi ils bénéficient de l'humidité constante et de la chaleur si l'incubateur est chauffé.